Economie : l’accès du Pays à la pleine souveraineté n’est pas un saut dans l’inconnu

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On entend souvent certaines formations politiques faire des prédictions apocalyptiques pour la Nouvelle-Calédonie lorsqu’elle accèdera à l’indépendance. « Ce sera une catastrophe économique, le pays courra à la faillite financière, économique, sociale »… bref, un discours de la peur bien connu !

Mais les auteurs de ce discours ne respectent pas les citoyens du Pays car en les effrayant, ils essaient de les écarter de la réalité et des informations qui leur permettront de se faire une idée par eux-mêmes. En vérité, la Nouvelle-Calédonie dispose de nombreux atouts qui ne vont pas disparaître lorsque qu’elle deviendra un pays souverain.

Après la surchauffe économique 2002-2010,
le retour à la normale…

Suite à la signature des Accords de Matignon et à l’Accord de Nouméa, la Nouvelle-Calédonie a connu une période de croissance économique régulière jusqu’au début des années 2000, où les grands chantiers d’usines, associés à une envolée inhabituelle des cours du nickel, ont fait profiter le pays d’une croissance exceptionnelle.

Ainsi, de 2002 à 2007, la Nouvelle-Calédonie a connu une période de prospérité économique qui lui a permis de bénéficier d’un quasi-doublement de ses recettes fiscales, passant de 74 milliards à 141 milliards. Une progression largement tirée par l’IS 35, l’impôt sur les sociétés minières et métallurgiques, qui a été multiplié par 47 entre 2002 et 2007, passant de 500 millions à 23,5 milliards en 2007. Parallèlement, les chantiers de l’Usine du Nord et de Vale, ont aussi contribué à cette dynamique, essentiellement en générant de l’activité au profit des entreprises sous-traitantes locales. À cela, il faut ajouter la participation de l’Etat aux contrats de développement, un dispositif prévu par l’Accord de Nouméa, dont le montant tourne annuellement aux alentours de 10 milliards.

On aurait pu penser qu’une fois les chantiers achevés et le retour du cours du nickel à un niveau « normal », le Pays allait subir un ralentissement important, voire une récession. Pourtant, il n’en a rien été car les recettes fiscales ont continué de croître pour se stabiliser aujourd’hui aux alentours de 170 milliards. Et si aujourd’hui, le temps est à la restriction des dépenses de fonctionnement, c’est moins parce que nous sommes en récession que parce que le Pays avait pris l’habitude de vivre au-dessus de ses moyens… Le temps de la « ruée vers l’or » est terminé et il est bien temps de retrouver un rythme économique plus en adéquation avec nos capacités propres…

Notre Pays dispose de nombreux atouts
économiques pour l’avenir

Malgré l’arrêt des grands chantiers et la baisse des cours du nickel, notre économie ne s’est pas effondrée. De 442 milliards en 2000, notre Produit Intérieur Brut est passé à 843 milliards en 2010 pour atteindre 956 milliards en 2015 et aux alentours de 1 000 milliards aujourd’hui. Cette progression illustre une tendance de notre économie à maintenir son niveau de performance malgré un ralentissement de son taux de croissance… Cela signifie que notre Pays dispose de nombreuses capacités pour avancer économiquement :

— notre Pays dispose de nombreuses ressources naturelles exploitables. Le nickel reste toujours une de nos principales ressources économiques, mais d’autres ressources minérales permettent d’envisager une exploitation rentable : terres rares… Notre biodiversité et notre milieu marin recèlent aussi de vraies promesses de développement économique,
—  nous disposons d’infrastructures modernes comparables à celles des pays développés,
— des réformes sont lancées et des documents stratégiques existent (Schéma d’aménagement et de développement NC2025…)
— les Calédoniens sont entreprenants : la Nouvelle-Calédonie est la collectivité d’outremer où la création d’entreprises est la plus dynamique,
—  le Pays dispose de nombreuses structures de formation et de qualification, ainsi que de travailleurs qualifiés,
— il y a des perspectives importantes d’amélioration de la productivité dans de nombreux secteurs d’activité économique. La valeur ajoutée dégagée de cette amélioration de la productivité devra faire l’objet d’un partage équitable entre les salariés et les entreprises,
— la Nouvelle-Calédonie dispose d’un tissu industriel (hors nickel) dynamique et diversifié.

Tous ces atouts ne disparaîtront pas lorsque notre Pays aura accédé à la pleine souveraineté.

Il appartient à chaque citoyen d’être responsable et de s’investir dans le développement pour faire de notre Pays un Etat viable et prospère.

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Dans : Analyses

2 commentaires

  1. Chamoinri

    Nous avons faits des études, beaucoup de caledonien ns avons un niveau d’étude à en faire rougir les nations du Pacifique, nous avons des ressources non seulement minérale, touristique mais surtout humaine, car c la pensée qui détermine les techniques, et la diversité du peuple calédonien fait en sorte que nous avons un réservoir d’idée, de techniques, de visions qui doit être promus dans un état qui accepte lalterité et donc une façon de penser différemment malheureusement la nation française est une et indivisible mal Gres le fait que le peuple kanak égal au peuple français, est reconnue à l’article XIII de la constitution française….

    (2)
  2. Déméné Claude

    Qui vous dit que les entreprises ne vont pas investire ailleurs???
    Les maladies longues durées??? Ces malades ont besoin de leur traitement sans interruption. Un manque de médicaments pendant 7 jours leurs sera fatale. Pour moi l’indépendance sera dûre au départ et il faudra attendre au minimum une génération pour que le pays face surface. 25 à 30 ANS. Maintenant toutes garanties écrites avant le référendum peuvent disparaître le jour d’aprés!!! L’aide médicale, les retraites, les salaires des fonctionnaires, l’enseignement, la santé, nos anciens qui touchent 90.000 fr/mois sans avoir cotisés. Tout cela sera maintenus????

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L’Avenir Calédonien est la publication officielle de l’Union Calédonienne. C’est, très probablement, une des plus vieilles publications de Nouvelle-Calédonie car les premiers numéros sont parus peu de temps après la création du Mouvement en 1953. Bien que paraissant de manière irrégulière, plus de 1050 éditions de l’Avenir Calédonien ont jalonné l’histoire du plus ancien parti de Nouvelle-Calédonie.

INTRODUCTION DE L'AVENIR AOÛT 2016

NOTRE INDÉPENDANCE SERA VIABLE

Avoir une indépendance viable, signifie pour un pays, être en capacité de disposer des moyens financiers qui lui permettront de faire face à ses obligations : permettre aux citoyens de satisfaire leurs besoins fondamentaux, entretenir une administration publique performante, créer les conditions pour un développement durable et dynamique. Notre pays fait face à cela depuis longtemps et sera en mesure d’y faire face à l’avenir...
Après les années de propagande des partis anti-indépendantistes, de la télévision d’Etat, des représentants de l’Etat eux-mêmes et le succès d’une chanson populaire « c’est la France qui paie », beaucoup de Calédoniens ont fini par se laisser influencer par l’idée que notre pays est très dépendant financièrement de la France… Parfois, on entend même des affirmations tellement erronées qu’elles frisent le ridicule : « c’est la France qui paye les médecins et notre système de santé » ou « c’est la France qui alimente le budget de la Nouvelle-Calédonie et des provinces ». Voilà le résultat de cette bonne vieille habitude de la droite anti-indépendantiste : désinformer et entretenir un discours de peur pour empêcher les Calédoniens de connaître la vérité…

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