Quel défi économique et financier pour le Pays après 2018 ?

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Faire accéder la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté en limitant au maximum d’éventuelles difficultés budgétaires, économiques et sociales est bien une priorité des indépendantistes. La transition vers la pleine souveraineté se fera certainement sur plusieurs mois, car il faudra que sur de nombreux sujets, des discussions avec l’Etat français soient organisées pour définir conjointement les modalités pratiques de transferts des dernières compétences (article 27, compétences régaliennes) – comme ce fût le cas pour toutes les compétences déjà transférées.

Mais pour l’heure, il appartient à chaque citoyen, à chaque responsable politique, économique ou coutumier, de se mobiliser, de prendre ses responsabilités en participant aux réformes indispensables à la modernisation du Pays et pour dynamiser notre économie. Ce doit être une priorité pour tous, car de cet investissement des forces vives du pays dépend notre capacité à produire davantage de richesses afin de compenser, tout ou partie, des transferts de l’Etat français…

Quels besoins en nouvelles recettes pour compenser les transferts de l’Etat ?

Dans le numéro spécial de l’Avenir (août 2016) sur la réalité de la dépendance financière de la Nouvelle-Calédonie, nous avions évalué, à périmètre constant, les charges nécessaires au fonctionnement des dernières compétences à transférer ainsi que la contribution de l’Etat au budget des collectivités calédoniennes.

Charges correspondant aux dernières compétences à transférer

 
Enseignement secondaire (fonctionnement) 45 milliards XPF
Enseignement supérieur 2,72 milliards XPF
Compétences régaliennes, audio-visuel… (fonctionnement) 24,85 milliards XPF
Compétences régaliennes, audio-visuel… (salaires) 20 milliards XPF
Total 92,57 milliards XPF

Transferts de l’Etat vers les collectivités calédoniennes

 
Budget de la Nouvelle-Calédonie 5,65 milliards XPF
Budget des provinces 11,33 milliards XPF
Budget des communes 9,72 milliards XPF
Contrat de développement (toutes collectivités) 7,235 milliards XPF
Total 33,9 milliards XPF

Nous étions parvenus à un total de 125 milliards, une somme que, dans une situation extrême, le Pays devrait trouver dans le cas d’un arrêt total des transferts financiers de la France. Cependant, il n’est pas irréaliste de revoir ce montant à la baisse du fait de plusieurs paramètres :

— rien ne permet d’affirmer que la France va cesser tout transfert financier après l’accession de notre Pays à sa pleine souveraineté. Si tel était le cas, cela signifierait que la France et la Nouvelle-Calédonie serait dans une logique de rupture. Or jamais un haut responsable français ne s’est prononcé dans ce sens, ni même un responsable indépendantiste. Tous appellent plutôt de leurs vœux un changement des relations entre France et la Nouvelle-Calédonie, passant d’une relation de dominant à dominé à une relation de partenariat entre Etats. Il est légitime de penser que des accords de coopération seront établis permettant à la France de maintenir une présence dans cette région du Monde et à notre Pays de continuer à bénéficier d’une assistance pour des compétences pour lesquelles nous ne sommes pas encore suffisamment prêts. Dans ce cas, notre Pays n’aurait pas à compenser en totalité les transferts actuels en provenance de l’Etat.

— lorsque notre Pays prendra en charge certaines compétences régaliennes, il ne devra pas nécessairement supporter un coût similaire à ce que supportait la France pour leur fonctionnement. En effet, à service égal, l’exercice de ces compétences peut se faire sur la base de budgets moins importants, du fait d’une organisation différente et de coûts salariaux moins élevés.

— il n’est pas nécessaire que le montant des contrats de développement soit comptabilisé dans les nouvelles sommes à générer après l’indépendance. En effet, suite à des négociations, il se peut que la France et notre Pays s’entendent pour que soient maintenus les contrats de développement et si ce n’est pas le cas, le Pays disposera d’une banque publique d’investissement capable de remplir la fonction d’aide à l’investissement auparavant dévolue à ces contrats…

A partir de ces hypothèses, on peut avancer que le montant des recettes budgétaires supplémentaires à trouver pourrait être vraiment inférieur aux 125 milliards que nous avions identifiés. Le montant réel dépendra de négociations qui restent encore à mener entre notre Pays et la France, mais aussi avec d’autres Etats…

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Dans : Analyses

1 commentaire

  1. Kg

    Jesus est le chemin

    (1)

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L’Avenir Calédonien est la publication officielle de l’Union Calédonienne. C’est, très probablement, une des plus vieilles publications de Nouvelle-Calédonie car les premiers numéros sont parus peu de temps après la création du Mouvement en 1953. Bien que paraissant de manière irrégulière, plus de 1050 éditions de l’Avenir Calédonien ont jalonné l’histoire du plus ancien parti de Nouvelle-Calédonie.

INTRODUCTION DE L'AVENIR AOÛT 2016

NOTRE INDÉPENDANCE SERA VIABLE

Avoir une indépendance viable, signifie pour un pays, être en capacité de disposer des moyens financiers qui lui permettront de faire face à ses obligations : permettre aux citoyens de satisfaire leurs besoins fondamentaux, entretenir une administration publique performante, créer les conditions pour un développement durable et dynamique. Notre pays fait face à cela depuis longtemps et sera en mesure d’y faire face à l’avenir...
Après les années de propagande des partis anti-indépendantistes, de la télévision d’Etat, des représentants de l’Etat eux-mêmes et le succès d’une chanson populaire « c’est la France qui paie », beaucoup de Calédoniens ont fini par se laisser influencer par l’idée que notre pays est très dépendant financièrement de la France… Parfois, on entend même des affirmations tellement erronées qu’elles frisent le ridicule : « c’est la France qui paye les médecins et notre système de santé » ou « c’est la France qui alimente le budget de la Nouvelle-Calédonie et des provinces ». Voilà le résultat de cette bonne vieille habitude de la droite anti-indépendantiste : désinformer et entretenir un discours de peur pour empêcher les Calédoniens de connaître la vérité…

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