Le développement dans le respect de nos modes de vie

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En Nouvelle-Calédonie, les migrations humaines ont abouti à un peuplement caractérisé par une grande diversité de cultures et de modes de vie. Beaucoup d’hommes et de femmes organisent leurs activités en fonction de motivations où le social, l’économique et le culturel s’interpénètrent. Aussi, agir efficacement en faveur du développement suppose de ne pas se cantonner à un raisonnement purement économique et de tenir compte du choix de vie des populations.

Etre un citoyen responsable dans le nouveau pays Kanaky, c’est entre autres, contribuer à l’activité économique en participant à la production de richesses, dans le respect des environnements naturels, humains et culturels. C’est chercher, par son travail, à dégager les moyens de subsistance pour être un citoyen le plus autonome possible, capable dans la mesure du possible, de ne pas être une charge pour la société.

164 ans après le début de la colonisation par la France, la Nouvelle-Calédonie offre l’image d’un pays modelé par des activités économiques qui n’ont pas permis un développement profitable à toutes les régions et à toutes les populations. Façonné par une histoire agraire parfois difficile, la majeure partie du pays reste tournée vers des activités agricoles. Il en résulte qu’en termes d’aménagement,  d’activités humaines et d’économie, plusieurs réalités continuent de cohabiter, chacune correspondant  à des habitudes de vie qu’il faut respecter et préserver.

Dans les tribus des vallées et du littoral, dans les îles, nombre de Kanak ont su préserver un mode de vie toujours rythmé par les activités coutumières, partageant leur temps entre le travail des champs, le « travail » coutumier et parfois un emploi salarié au village ou sur la mine. Ces gens conservent une certaine autonomie, vivant en partie de leur production dont la valeur économique globale a été évaluée, comparable à la valeur de la production agricole destinée aux circuits marchands.

Cette production agricole, bien qu’elle soit principalement orientée vers l’auto-consommation et les échanges traditionnels, est une réelle contribution à l’économie et à la société calédonienne car elle joue un rôle d’amortisseur social en permettant à une partie de la population d’être moins dans l’attente des aides de la société et de ne pas se résoudre à l’exode vers la ville.

Le monde des « broussards », celui des villages et des exploitations agricoles, constitué de gens auxquels l’histoire a donné le goût de la terre et de l’élevage, persiste – malgré des contraintes naturelles et économiques parfois fortes – à produire pour alimenter les circuits marchands.  Néanmoins, le poids de l’agriculture marchande dans le PIB calédonien est en recul constant, rendant  le pays de plus en plus dépendant des importations.

Enfin, l’agglomération urbaine du Grand Nouméa regroupe, tous secteurs confondus, une large majorité des activités économiques du pays. C’est la conséquence du choix de faire de Nouméa la capitale du pays, d’y concentrer les institutions, les administrations et de nombreux services publics et l’usine de Doniambo est venue renforcer cette dynamique. Pour profiter de la proximité de multiples commodités, les entreprises et les commerces se sont développés et la population à la recherche d’emplois n’a  cessé de croître.

Aujourd’hui, sous l’impulsion des Accords de Matignon et de Nouméa, et grâce à la dynamique générée par l’usine du Nord, un processus de rééquilibrage est enclenché.

Pour l’Union Calédonienne, ces réalités socio-économiques jouent et doivent continuer à jouer un rôle, complémentaire, pour un développement économique équilibré du pays. Les populations qui ont choisi de vivre dans ces différents milieux doivent pouvoir continuer à le faire. Il faut donc créer les conditions d’un développement dynamique mais mieux réparti, accompagné d’une politique d’aménagement permettant aux Calédoniens de mieux vivre, quelle que soit leur lieu de résidence et leur choix de vie.

Il est tout aussi important de favoriser la création d’activités économiques à proximité des zones de peuplement, à partir des potentiels de chaque région. Ce développement doit se faire sur le principe de la valorisation des terroirs, afin que l’on y déploie des activités en harmonie avec le contexte naturel, social et culturel de chaque région.

Pour rendre ce développement possible et pour donner au pays les moyens de financer sa souveraineté, il est nécessaire de procéder à d’importantes réformes, de mettre en place les structures indispensables à un système économique d’Etat indépendant et de mener une politique volontariste pour une économie diversifiée, performante et ouverte sur l’extérieur.

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Dans : Analyses

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L’Avenir Calédonien est la publication officielle de l’Union Calédonienne. C’est, très probablement, une des plus vieilles publications de Nouvelle-Calédonie car les premiers numéros sont parus peu de temps après la création du Mouvement en 1953. Bien que paraissant de manière irrégulière, plus de 1050 éditions de l’Avenir Calédonien ont jalonné l’histoire du plus ancien parti de Nouvelle-Calédonie.

INTRODUCTION DE L'AVENIR AOÛT 2016

NOTRE INDÉPENDANCE SERA VIABLE

Avoir une indépendance viable, signifie pour un pays, être en capacité de disposer des moyens financiers qui lui permettront de faire face à ses obligations : permettre aux citoyens de satisfaire leurs besoins fondamentaux, entretenir une administration publique performante, créer les conditions pour un développement durable et dynamique. Notre pays fait face à cela depuis longtemps et sera en mesure d’y faire face à l’avenir...
Après les années de propagande des partis anti-indépendantistes, de la télévision d’Etat, des représentants de l’Etat eux-mêmes et le succès d’une chanson populaire « c’est la France qui paie », beaucoup de Calédoniens ont fini par se laisser influencer par l’idée que notre pays est très dépendant financièrement de la France… Parfois, on entend même des affirmations tellement erronées qu’elles frisent le ridicule : « c’est la France qui paye les médecins et notre système de santé » ou « c’est la France qui alimente le budget de la Nouvelle-Calédonie et des provinces ». Voilà le résultat de cette bonne vieille habitude de la droite anti-indépendantiste : désinformer et entretenir un discours de peur pour empêcher les Calédoniens de connaître la vérité…

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