Développer notre économie pour quel Pays ?

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Trop souvent le débat autour de l’accès de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté s’est focalisé sur la seule problématique financière. C’est bien sûr un point très important car des disponibilités financières du Pays dépendront ses capacités à répondre aux besoins de la population, à financer le système de santé, les écoles, les collèges et les lycées qui assureront la formation de nos enfants, à construire les infrastructures publiques etc…

Sur ce point, l’Union Calédonienne a la conviction qu’à terme, notre Pays pourra faire face à ses obligations, dès lors que nous aurons mené à bien les réformes qui génèreront des économies budgétaires et que nous aurons mis en œuvre les politiques publiques pour développer le Pays. Mais il nous paraît tout aussi important de travailler à produire de la richesse économique en respectant des éléments fondamentaux qui sont liés à notre histoire politique et aux spécificités de notre archipel. Développer le Pays certes… Mais en fonction de valeurs et de principes conformes aux intérêts de notre peuple, des valeurs et des principes que l’Union Calédonienne a exprimé dans ses motions adoptées, congrès après congrès, et qui constituent aujourd’hui les fondements du projet économique et politique du Mouvement :

Le rééquilibrage doit demeurer une priorité

S’il est indéniable que le rééquilibrage a progressé en province Nord et dans les Iles, il reste que le processus n’a pas profité à toutes les régions du Pays ; il subsiste d’importantes disparités de développement au sein de chaque province, et même entre communes. Le rééquilibrage doit donc rester une priorité, s’orienter davantage vers le développement local et la diversification économique et se traduire dans les politiques publiques et la répartition des moyens budgétaires.

La valeur ajoutée provenant de l’exploitation de nos ressources doit faire l’objet d’une redistribution

La valeur ajoutée des activités minières doit profiter aux populations et aux communes sur lesquelles elles sont implantées.

L’actionnariat populaire est un moyen à encourager pour faire participer les populations au développement économique, notamment au plan local.

Le développement durable doit être mis en œuvre dans tous les secteurs de la vie du Pays

Le développement économique doit se faire dans le respect des écosystèmes naturels du Pays car il est de notre responsabilité de transmettre ce capital aux générations futures. Notre biodiversité doit particulièrement faire l’objet de nos attentions car elle constitue la plus importante richesse du pays.

L’indépendance politique sera tributaire de notre capacité à bâtir notre indépendance économique

Il faut donc réunir tous les facteurs (équipements publics, formation des hommes, financement…) qui permettront à notre économie d’améliorer ses performances et de développer les potentiels de notre Pays.

Le rééquilibrage doit être aussi culturel et social

C’était un des objectifs primordiaux des Accords de Matignon et de Nouméa : les Kanak doivent retrouver la place dont la colonisation les a privés dans leur propre pays. Cela passe par la prise en compte de leur culture et leur mode de vie dans le développement du Pays. Leur participation à ce développement suppose qu’ils puissent aussi investir les outils économiques du Pays.

Les ressources naturelles du pays sont avant tout la propriété de la Nation

Il en résulte qu’elles ne doivent pas faire l’objet d’une exploitation privée sans que le pays en tire des ressources, qu’il s’agisse des ressources minérales, végétales ou marines.

Une fiscalité portant sur l’extraction et l’exploitation des ressources naturelles doit être instaurée.

Les titres miniers devront être confiés à un opérateur public qui en assurera la gestion.

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Dans : Analyses

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L’Avenir Calédonien est la publication officielle de l’Union Calédonienne. C’est, très probablement, une des plus vieilles publications de Nouvelle-Calédonie car les premiers numéros sont parus peu de temps après la création du Mouvement en 1953. Bien que paraissant de manière irrégulière, plus de 1050 éditions de l’Avenir Calédonien ont jalonné l’histoire du plus ancien parti de Nouvelle-Calédonie.

INTRODUCTION DE L'AVENIR AOÛT 2016

NOTRE INDÉPENDANCE SERA VIABLE

Avoir une indépendance viable, signifie pour un pays, être en capacité de disposer des moyens financiers qui lui permettront de faire face à ses obligations : permettre aux citoyens de satisfaire leurs besoins fondamentaux, entretenir une administration publique performante, créer les conditions pour un développement durable et dynamique. Notre pays fait face à cela depuis longtemps et sera en mesure d’y faire face à l’avenir...
Après les années de propagande des partis anti-indépendantistes, de la télévision d’Etat, des représentants de l’Etat eux-mêmes et le succès d’une chanson populaire « c’est la France qui paie », beaucoup de Calédoniens ont fini par se laisser influencer par l’idée que notre pays est très dépendant financièrement de la France… Parfois, on entend même des affirmations tellement erronées qu’elles frisent le ridicule : « c’est la France qui paye les médecins et notre système de santé » ou « c’est la France qui alimente le budget de la Nouvelle-Calédonie et des provinces ». Voilà le résultat de cette bonne vieille habitude de la droite anti-indépendantiste : désinformer et entretenir un discours de peur pour empêcher les Calédoniens de connaître la vérité…

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