Ne pas se tromper sur les causes profondes de la crise actuelle

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Il semble bien que certains soient plutôt satisfaits que le Pays soit confronté à une crise économique car en fin de compte, à deux ans du scrutin d’autodétermination, celle-ci intervient à point nommé. La stratégie des anti-indépendantistes reposant sur la peur, ils espèrent que cela écartera plus de gens de la tentation de voter pour l’accès à la pleine souveraineté, le Pays faisant la preuve de ses difficultés économiques et budgétaires.

Une fois de plus, l’argumentaire est malhonnête car il camoufle aux Calédoniens les causes profondes de nos difficultés actuelles.

Cette crise économique, arrivée avec l’écroulement des cours du nickel, illustre le caractère cyclique de ce marché. La Nouvelle-Calédonie a eu à subir plusieurs de ces crises, mais il est vrai que celle-ci a atteint une ampleur inhabituelle et qu’elle n’y était pas préparée… Pourtant, dès le début de l’Accord de Nouméa, les indépendantistes n’ont cessé de réclamer le lancement de réformes et de grands chantiers pour que le Pays puisse faire face à ses défis : réforme fiscale, aménagement du Pays, stratégie industrielle, formation des Calédoniens…

Cette crise révèle, une fois de plus, le manque de diversification de notre économie, mais elle met aussi en évidence l’absence d’anticipation de nos institutions et l’impréparation du Pays.

Car la crise des cours du nickel était prévisible. Le maintien de stocks de nickel importants illustrait bien la persistance d’un marché en surproduction et il était prévisible qu’après une quinzaine d’années d’un taux de croissance exceptionnel, la Chine allait subir un ralentissement économique, surtout dans un contexte où la reprise se faisait attendre dans le reste du Monde.

Non seulement cela n’a pas été anticipé, mais les majorités successives n’ont rien fait pour préparer le Pays à passer une telle crise alors qu’à partir des années 2000, le Pays bénéficiait de conditions favorables pour y faire face avec un taux de croissance exceptionnel pendant plus de 10 ans et a doublé ses recettes fiscales pendant la même période. Ce que les majorités à la tête du Pays ont entièrement dépensé… Et dans le même temps, certains défendaient hypocritement l’idée d’un fonds pour les générations futures…

Il faut donc rétablir la bonne lecture des choses : si notre Pays subit la crise de plein fouet, ce n’est pas qu’il ne dispose pas des ressources pour y faire face, mais bien parce que les majorités successives au pouvoir n’ont pas pris les mesures qui s’imposaient.

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Dans : Analyses

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L’Avenir Calédonien est la publication officielle de l’Union Calédonienne. C’est, très probablement, une des plus vieilles publications de Nouvelle-Calédonie car les premiers numéros sont parus peu de temps après la création du Mouvement en 1953. Bien que paraissant de manière irrégulière, plus de 1050 éditions de l’Avenir Calédonien ont jalonné l’histoire du plus ancien parti de Nouvelle-Calédonie.

INTRODUCTION DU DERNIER AVENIR

NOTRE INDÉPENDANCE SERA VIABLE

Avoir une indépendance viable, signifie pour un pays, être en capacité de disposer des moyens financiers qui lui permettront de faire face à ses obligations : permettre aux citoyens de satisfaire leurs besoins fondamentaux, entretenir une administration publique performante, créer les conditions pour un développement durable et dynamique. Notre pays fait face à cela depuis longtemps et sera en mesure d’y faire face à l’avenir...
Après les années de propagande des partis anti-indépendantistes, de la télévision d’Etat, des représentants de l’Etat eux-mêmes et le succès d’une chanson populaire « c’est la France qui paie », beaucoup de Calédoniens ont fini par se laisser influencer par l’idée que notre pays est très dépendant financièrement de la France… Parfois, on entend même des affirmations tellement erronées qu’elles frisent le ridicule : « c’est la France qui paye les médecins et notre système de santé » ou « c’est la France qui alimente le budget de la Nouvelle-Calédonie et des provinces ». Voilà le résultat de cette bonne vieille habitude de la droite anti-indépendantiste : désinformer et entretenir un discours de peur pour empêcher les Calédoniens de connaître la vérité…