Comment dégager suffisamment de richesses pour que le Pays s’autosuffise économiquement et financièrement ?

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La question centrale est bien de savoir comment le pays dégagera suffisamment de richesses pour s’autosuffire économiquement et budgétairement.

Dans le cadre de son projet de société, l’Union Calédonienne a travaillé sur un cahier économique dont la version finale sera soumise à l’adoption des militants lors du congrès du Mouvement de novembre 2016, mais dores et déjà, on peut identifier les orientations qui permettront au Pays d’assurer sa viabilité économique et financière :

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On peut distinguer deux orientations fondamentales :

— mener une politique pour dynamiser l’activité économique (actions 1, 2, 3, 4, 5)
— négocier des accords bilatéraux et de coopération (action 6)

A. Mener une politique pour dynamiser l’activité économique

Tout un ensemble de mesures visent à créer les conditions favorables au développement économique.

1 – Réformer et structurer le système économique

L’objectif est de générer des économies, de mieux contrôler les besoins financiers du pays et de bâtir un système économique plus efficient. Cela passe essentiellement par une politique ambitieuse de réformes et de restructuration : poursuivre la réforme fiscale, réforme de la fonction publique, restructuration de l’administration…

2 – Optimiser le rôle des femmes et des hommes dans l’économie

Le but est d’améliorer la formation des hommes pour permettre à tous de s’insérer dans le système économique, de progresser professionnellement (formation continue…) et de jouer un rôle dans l’amélioration de la productivité. Tout citoyen devrait être en mesure de travailler et de participer au financement du Pays suivant sa capacité contributive.

3 – Créer un climat de confiance

Cela passe par la stabilité politique, une stabilité juridique et la définition d’un contrat social qui permettra aux partenaires sociaux d’entretenir une stabilité sociale. Cette démarche sera déterminante pour maintenir et attirer les investisseurs. Il s’agit d’instaurer un contexte de responsabilité des citoyens, des entreprises et des administrations. C’est dans un Pays libre et apaisé que les jeunes, en particulier les jeunes Kanak parviendront à s’épanouir et s’éloigneront des voies dangereuses qui les conduisent parfois dans les cellules du Camp Est.

4 – Leviers et stratégies pour dynamiser le développement économique

Il s’agit ici, pour les pouvoirs publics, de mener une action volontariste au moyen de leviers et stratégies en faveur du développement : incitations fiscales, aides au développement au travers des codes d’investissement, soutien à l’exportation, développement du patriotisme économique, politique de substitution aux exportations, développement d’une économie sociale et solidaire…

5 – Le développement des secteurs moteurs de l’économie

Il s’agit :

— de poursuivre l’accompagnement des secteurs qui ont traditionnellement un impact important en matière d’emploi et de contribution au PIB : bâtiment, commerce…
— de développer les secteurs stratégiques pour notre souveraineté : agriculture…
— d’accompagner le secteur mine-métallurgie compte tenu de son importance en termes d’emploi et de son impact sur notre commerce extérieur. L’enjeu est de poursuivre la définition d’une stratégie pays pour optimiser la gestion de nos ressources minières et les rentrées financières pour le pays, de confirmer l’enjeu de rééquilibrage et de rattrapage dans ce secteur économique vital pour notre Pays.
— d’accompagner les secteurs économiques à fort potentiel de développement : économie « bleue », économie « verte », tourisme, économie numérique…

QUELLE STRATÉGIE POUR FINANCER LE PAYS INDÉPENDANT

B. Négocier des accords bi-latéraux et de coopération

Un accord bilatéral est un contrat établi entre deux pays sur la base d’intérêts partagés, pour organiser leurs relations politiques, militaires, économiques, culturelles… Il peut donner lieu à des compensations financières en contrepartie de prestations.

Le Président Jean-Marie Tjibaou portait l’idée que dans le Monde d’aujourd’hui, « l’indépendance, c’est notre capacité à gérer nos interdépendances ». L’objectif est donc de négocier avec la France, l’Europe, les pays mélanésiens, l’Australie et la Nouvelle-Zélande pour organiser notre interdépendance par le biais d’accords de coopération.

Avec la France, il s’agit de passer d’une relation de dominant-dominé à une relation de partenariat, d’Etat à Etat. La France a des intérêts stratégiques et économiques dans la région Pacifique qu’elle souhaite certainement conserver afin de maintenir sa position internationale. Il s’agit de négocier les contreparties, principalement financières, pour que l’Etat français puisse continuer à faire valoir ses intérêts dans cette région du Monde.

Les négociations pourront porter sur les sujets suivants :

  • programme de réhabilitation « conséquences de 140 ans d’exploitation minière »,
  • intervention des organismes de recherche,
  • maintien des bases militaires,
  • maintien des installations radio,
  • accompagnement au rééquilibrage et au développement
  • exploitation et gestion de la ZEE calédonienne,
  • participation au fonctionnement de l’Université,
  • francophonie…

Tout cela se traduira par de nouveaux transferts financiers de la France vers notre Pays souverain. En gros, la France rémunèrera un certain nombre de prestations et de conventions correspondant à ses intérêts économiques et stratégiques en Nouvelle-Calédonie et dans la région.

Notre Pays indépendant aura aussi la possibilité de développer une coopération avec d’autres nations, principalement dans la région.

A noter

La relation de coopération s’établissant entre deux Etats, la contribution de l’Etat français serait versé au pays, ce qui signifie que si l’enveloppe correspondante était de 80 milliards, cette somme intègrerait le budget de la Nouvelle-Calédonie : ainsi le budget recevrait 80 milliards alors qu’aujourd’hui la contribution de l’Etat est seulement de 34,2 milliards. Les recettes du budget du pays pourraient s’en trouver améliorées…

Il est incontestable que notre Pays dispose d’un potentiel de développement économique. Certes, notre économie reste vulnérable du fait de sa trop grande dépendance vis-à-vis des performances du secteur « mine et métallurgie », mais il dispose de vrais atouts qu’il nous revient de valoriser et qui nous permettront d’accroître notre richesse nationale. Certains secteurs d’activités connaissent déjà une croissance et certains potentiels d’exportation ne demandent qu’à se concrétiser.

Notre pays a donc les moyens d’améliorer les performances de son économie, d’accroître son produit intérieur brut et ses recettes budgétaires. Il est de notre responsabilité de mobiliser l’ensemble des forces vives du pays pour relever ce défi.

Parallèlement, en tant que futur Etat souverain, il nous incombe d’entamer avec l’Etat français les discussions sur les intérêts que nous pourrions partager et sur sa contrepartie si nos deux Etats tombaient d’accord sur le maintien de certains intérêts de la France ici. Compte tenu de tous ces éléments, nous n’avons aucun doute :

NOTRE INDEPENDANCE SERA VIABLE

Forte de sa confiance dans l’avenir du Pays, l’Union Calédonienne a travaillé sur son projet de société et son projet économique. Alors que le Pays est engagé dans la dernière phase de l’Accord de Nouméa, l’UC invite toutes les forces politiques et tous les citoyens du Pays à unir leurs efforts pour que nous assurions, ensemble, notre avenir dans un Pays prospère, respectueux des libertés et de sa population.

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Dans : Analyses

1 commentaire

  1. SAIHU dick

    Il faut également prendre en compte le caractère de l’obligation de l’état colonisateur d’accompagner pendant 5 ans le pays qu’elle a colonisé pendant 165 ans( 2018).elle doit régler sa dette avant. de partir et notamment le contentieux colonial.il mé semble que c’est une recommandation des nations unies.
    Il y. à également le caractère gèopolitique de la kanaky dans le bassin Pacifique il faut regarder dans le cadre des.accords de coopération en matière d’une petite unité militaire surtout maritime,sinon les propositions tiennent la route .

    (3)

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L’Avenir Calédonien est la publication officielle de l’Union Calédonienne. C’est, très probablement, une des plus vieilles publications de Nouvelle-Calédonie car les premiers numéros sont parus peu de temps après la création du Mouvement en 1953. Bien que paraissant de manière irrégulière, plus de 1050 éditions de l’Avenir Calédonien ont jalonné l’histoire du plus ancien parti de Nouvelle-Calédonie.

INTRODUCTION DU DERNIER AVENIR

NOTRE INDÉPENDANCE SERA VIABLE

Avoir une indépendance viable, signifie pour un pays, être en capacité de disposer des moyens financiers qui lui permettront de faire face à ses obligations : permettre aux citoyens de satisfaire leurs besoins fondamentaux, entretenir une administration publique performante, créer les conditions pour un développement durable et dynamique. Notre pays fait face à cela depuis longtemps et sera en mesure d’y faire face à l’avenir...
Après les années de propagande des partis anti-indépendantistes, de la télévision d’Etat, des représentants de l’Etat eux-mêmes et le succès d’une chanson populaire « c’est la France qui paie », beaucoup de Calédoniens ont fini par se laisser influencer par l’idée que notre pays est très dépendant financièrement de la France… Parfois, on entend même des affirmations tellement erronées qu’elles frisent le ridicule : « c’est la France qui paye les médecins et notre système de santé » ou « c’est la France qui alimente le budget de la Nouvelle-Calédonie et des provinces ». Voilà le résultat de cette bonne vieille habitude de la droite anti-indépendantiste : désinformer et entretenir un discours de peur pour empêcher les Calédoniens de connaître la vérité…