Préparation des transferts de compétences : les non-indépendantistes n’ont pas joué le jeu !

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Il n’est plus un secret pour personne que les anti-indépendantistes sont entrés « à reculons » dans l’Accord de Nouméa, qu’ils ont cherché à manœuvrer pour ne pas partager le pouvoir et qu’ils n’ont pas joué le jeu en ce qui concerne les transferts de compétences. Le camp politique au pouvoir partait du principe que, de toute façon, le pays ne parviendrait pas à les assumer et que les Calédoniens devraient se rendre à l’évidence qu’il n’était pas raisonnable d’aller au bout des transferts et au bout de l’Accord de Nouméa.

La Loi Organique de 1999 prévoyait que les transferts devaient être déclenchés en 2000, en 2004 et en 2009. Si les premiers transferts, de 2000 et 2004, se sont déroulés dans un climat plutôt satisfaisant, il est évident que la droite locale – mais aussi l’Etat – n’a pas joué le jeu pour préparer et assumer les transferts suivants, à tel point qu’il a fallu différer la date effective du transfert de certaines compétences comme la sécurité aérienne intérieure, la sécurité civile et l’enseignement du second degré public et privé. Sans compter les transferts de l’article 27, aujourd’hui bloqués d’un commun accord par les non-indépendantistes et l’Etat…

Le pays pouvait se préparer à supporter le coût de l’enseignement secondaire

Cette attitude a eu des conséquences puisqu’il a fallu mettre en place un dispositif nommé MADGG (mise à disposition globale et gratuite) permettant à l’Etat français de prendre à sa charge les 45 milliards nécessaires au fonctionnement de l’enseignement secondaire. A l’instar de la droite locale, certains peuvent s’interroger : le pays aurait-il pu supporter le coût de l’enseignement secondaire ?

Au vu de certaines données, on peut répondre « oui ». Oui, parce que la Nouvelle-Calédonie a connu une décennie de croissance forte (2001-2011) soit en moyenne annuelle 3,3% (deux fois plus qu’en métropole). Oui, parce que cette période a provoqué une croissance très conséquente des recettes fiscales du pays : ainsi de 2002 à 2007, il y a eu un quasi doublement des recettes fiscales, passant de 74 milliards à 141 milliards ! Et le « gaspillage » de ces rentrées providentielles est à mettre autant au passif des Répu­blicains, de Calédonie Ensemble que de l’UCF, puisque jusqu’en 2004, ils étaient tous sous la bannière RPCR et par la suite, ils se partagèrent le pouvoir en alternance…

Si la préparation du transfert de l’enseignement secondaire avait commencé dès le début des années 2000, il paraît évident que le contexte financier aurait permis à la Nouvelle-Calédonie de supporter le coût de ce secteur au moment de son transfert effectif, le 1er janvier 2012. Sans compter qu’il aurait été possible d’abaisser le coût global de l’enseignement secondaire si, dès le début de l’Accord de Nouméa, un programme de formation d’enseignants du second degré avait été lancé pour les jeunes Calédoniens… Mais ni l’Etat, ni la droite majoritaire n’ont voulu aller dans ce sens, malgré les demandes récurrentes des indépendantistes. On peut même dire qu’ils ont tout réunis pour que le pays ne soit pas en mesure de faire face…

L’objectif est transparent : il fallait élever plus haut la barrière financière pour faire douter les Calédo­niens sur la capacité du pays à financer toutes les compétences transférées ! Une arme de propagande politique toute trouvée… C’est la même logique qui a conduit la droite anti-indépendantiste à faire le choix d’infra­struc­tures pharaoniques, dont les coûts de fonctionnement vont être lourds pour les Calédoniens, ou à faire certaines promesses sociales sans limitation qui seront tout aussi lourdes à pérenniser.

Il n’est pas nécessaire de poursuivre la démonstration : les anti-indépendantistes font de l’arme financière leur principal moyen de lutte contre l’indépendance mais cela ne nous écartera pas de la légitimité de notre combat.

Il n’est pas contestable que les recettes que la Nouvelle-Calédonie dégage au moyen de sa fiscalité propre lui permettent depuis longtemps de faire face à ses obligations… Il n’est pas plus contestable que toutes les conditions étaient réunies pour que le pays puisse dégager les moyens pour assumer le coût de toutes les compétences qui ont été transférées depuis le début de l’Accord de Nouméa, mais les différentes majorités qui se sont succédées à la tête du pays se sont arrangées pour que cela ne soit pas possible, notamment en ce qui concerne l’enseignement du second degré, afin d’essayer de faire la preuve que le pays ne pouvait s’autosuffire. C’est dans le même objectif que les adversaires de l’indépendance essaient de faire croire que sans les transferts de la France, le pays s’écroulera… Qu’en est-il réellement ?

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1 commentaire

  1. Unpetisolda

    Cela ne fait que renforcer mes convictions sur la légitimité de notre combat . Et que ces anti indépendantistes miroitent une image parodiée de l’état français en terre kanak . Ils n’ont pas de repères. Et surtout ils ont manque de vision extrapolée quand il le fallait. Ils sont dans de la posture .Personnellement je fais confiance à mon groupe et à notre intelligence. Merci de m’avoir lu

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L’Avenir Calédonien est la publication officielle de l’Union Calédonienne. C’est, très probablement, une des plus vieilles publications de Nouvelle-Calédonie car les premiers numéros sont parus peu de temps après la création du Mouvement en 1953. Bien que paraissant de manière irrégulière, plus de 1050 éditions de l’Avenir Calédonien ont jalonné l’histoire du plus ancien parti de Nouvelle-Calédonie.

INTRODUCTION DU DERNIER AVENIR

NOTRE INDÉPENDANCE SERA VIABLE

Avoir une indépendance viable, signifie pour un pays, être en capacité de disposer des moyens financiers qui lui permettront de faire face à ses obligations : permettre aux citoyens de satisfaire leurs besoins fondamentaux, entretenir une administration publique performante, créer les conditions pour un développement durable et dynamique. Notre pays fait face à cela depuis longtemps et sera en mesure d’y faire face à l’avenir...
Après les années de propagande des partis anti-indépendantistes, de la télévision d’Etat, des représentants de l’Etat eux-mêmes et le succès d’une chanson populaire « c’est la France qui paie », beaucoup de Calédoniens ont fini par se laisser influencer par l’idée que notre pays est très dépendant financièrement de la France… Parfois, on entend même des affirmations tellement erronées qu’elles frisent le ridicule : « c’est la France qui paye les médecins et notre système de santé » ou « c’est la France qui alimente le budget de la Nouvelle-Calédonie et des provinces ». Voilà le résultat de cette bonne vieille habitude de la droite anti-indépendantiste : désinformer et entretenir un discours de peur pour empêcher les Calédoniens de connaître la vérité…